Moyen-Âge et Renaissance
Strasbourg abrite de nombreux témoins du Moyen-Âge et de la Renaissance, notamment en son centre historique.
Parmi les plus anciens vestiges de la ville, les ponts couverts, construits au XIIIe siècle avaient pour rôle de protéger l'accès fluvial. Le système défensif est revu à plusieurs reprises jusqu'à la fin du XVIe siècle.
Les tours visibles encore aujourd'hui sont les dernières des 90 que comptaient les défenses de la ville jusqu'au XIXe siècle.
Le barrage Vauban est la suite logique du système défensif des ponts couverts. Écluse fortifiée construite à partir de 1685 par Vauban, ce barrage vise à renforcer les défenses de la ville.
Il pouvait servir à inonder l'accès sud de la ville afin de ralentir (voir de stopper) la progression ennemie.
Strasbourg compte aussi de nombreuses maisons à colombages.
La Maison Kammerzell est sans doute l'une des plus emblématiques. Construite au XVe siècle, elle prendra son aspect actuel en 1589 suite à d'importants travaux. Cette maison se distingue par sa structure originale: un premier niveau en pierres, puis trois niveaux en bois de type Renaissance rhénane, et enfin trois niveaux de combles.
Les ornements extrêmement nombreux et détaillés évoquent l'Antiquité, les cinq sens, le travail des hommes. On retrouve d'autres maisons à colombages dans le quartier de la Petite France.
Miraculeusement épargné par les guerres, ce quartier implanté sur l'Ill offre un véritable panorama de la Renaissance rhénane. Les maisons les plus remarquables sont la maison des tanneurs (construite en 1572 et retouchée au début du XVIIe siècle par son propriétaire) et la maison Haderer.
Édifiée en 1358 le long de l'Ill, l'Ancienne Douane est l'un des rares témoins du commerce médiéval de la ville.
Détruite par les bombardements de 1944, elle a été restaurée en 1956 et accueille aujourd'hui un restaurant traditionnel ainsi que des expositions temporaires.
Toujours le long de l'Ill se trouve l'ancienne boucherie. Construit entre 1586 et 1588, l'édifice en forme de « U » se caractérise par la sobriété de son architecture.
Il n'abandonnera sa fonction initiale qu'en 1859 et abrite aujourd'hui le musée historique.
La place du marché aux cochons de lait
La place du marché aux cochons de lait
Situé au sud du centre historique, l'hôpital civil est édifié à la fin du XIVe siècle.
En 1716, un incendie le détruit partiellement. La construction d'un nouvel hôpital (encore visible aujourd'hui) commence dès 1717 sous le contrôle de l'architecte Rodolphe Mollinger.
Ses immenses toitures abritent trois étages de greniers. L'édifice est agrandi en 1741.
Parmi les rares éléments ayant subsisté à l'incendie du XVIIIe siècle, la cave historique est sans doute le plus remarquable.
Construite entre 1393 et 1395, elle est utilisée pour élever le vin servi aux malades.
Cette cave abrite notamment un vin blanc de 1472.
Ce nectar de plus de 500 ans n'a été servi qu'à trois reprises: en 1576, en 1716 ainsi qu'en 1944 aux libérateurs de la ville.
Sur la place Gutenberg, l'un des plus anciens sites de Strasbourg, se trouve la chambre de commerce et d'industrie.
Construit à partir de 1582 sous l'impulsion d'entrepreneurs suisses, le bâtiment est représentatif du style Renaissance.
Il fera notamment office d'hôtel de ville. Il a été agrandi en 1867 dans le respect du style originel.
L'hôtellerie du Corbeau est un autre lieu intéressant. Fermée au XIXe siècle, elle a reçu des hôtes illustres tels que Frédéric le Grand, Jean-Jacques Rousseau ou encore Alexandre Dumas.
Le lycée Fustel de Coulanges (anciennement collège royal, lycée impérial et école centrale sous la République), jouxtant la cathédrale, a d'abord été le petit séminaire pour les Jésuites après sa construction en 1685.
Mais le lieu est surtout connu pour avoir abrité la première imprimerie de Strasbourg, dans la maison dite zum Thiergarten.
XVIIIe et XIXe siècles
Strasbourg abrite plusieurs témoins de cette époque. L'Aubette, dessinée par l'architecte Jacques François Blondel est édifiée entre 1765 et 1778 dans un style néo-classique sur la place Kléber.
Ce bâtiment qui utilise un grès rose très coloré, sert dans un premier temps de corps de garde. Endommagé en 1870, il abrite par la suite le conservatoire de musique.
Un important projet de restauration est en cours. Cet édifice, qui faisait partie d'un plan d'urbanisation ambitieux est le seul à avoir vu le jour.
Le palais des Rohan est lui aussi remarquable.
Il est notamment l'un des rares édifices de l'époque à utiliser un grès clair et non rose.
Cet ancien palais épiscopal est construit entre 1728 et 1741 par l'architecte royal Robert de Cotte. Sa facade est ornée de nombreuses sculptures que l'on doit à Robert le Lorrain, de personnages religieux ou mythiques.
Il accueille aujourd'hui trois musées : le musée archéologique, le musée des beaux-arts et le musée des arts décoratifs.
Près de la place Broglie, on retrouve l'hôtel du préfet de région, imaginé par Jean-Pierre Pflug et construit entre 1731 et 1736 à la demande de François Joseph de Klinglin alors prêteur royal de la ville.
Il accueille un temps la préfecture du Bas-Rhin. Détruit en 1870 pendant le siège de Strasbourg, il est rapidement restauré.
Juste à côté, l'Opéra municipal (aujourd'hui Opéra national du Rhin), est édifié entre 1804 et 1821 par l'architecte Villot.
Il est partiellement détruit en 1870 à la suite de bombardements allemands.
Lors de sa restauration en 1888, la façade arrière est enrichie d'un avant-corps circulaire.
Toujours aux abords de la place Broglie se trouve l'ancienne mairie, imaginée par Joseph Massol et achevée en 1736.
Sa construction est financée par Régnier III de Hanau-Lichtenberg qui meurt avant la fin des travaux.
Le bâtiment devient hôtel de ville en 1806. Aujourd'hui, il est principalement utilisé pour les célébrations de mariage.
Dans le quartier de a Robertsau, le château de Pourtalès est un monume
nt remarquable. Construit au XVIIIe siècle, il a été remanié à plusieurs reprises au cours du XIXe siècle puis au début du XXe siècle.
Les pavillons sont agrandis, un parc à l'anglaise est aménagé, nouveau corps de bâtiment voit le jour. Ce château est aujourd'hui la propriété d'une université américaine, la Schiller International University.
Architecture contemporaine
Strasbourg possède également de nombreux monuments plus contemporains comme le monument aux morts, œuvre symbolique situé dans une zone qui fut tantôt allemande et tantôt française au gré de l'Histoire.
Situé Place de la République et inauguré en 1937 par le Président de la République Albert Lebrun, il porte comme seule inscription « À nos morts » sans mentionner la patrie pour laquelle les soldats sont tombés.
La sculpture représente une mère (symbolisant la ville de Strasbourg) tenant sur ses genoux ses deux enfants mourants, l'un allemand et l'autre français. Ils se sont combattus et devant la mort enfin ils se rapprochent. La sculpture a été réalisée par Léon-Ernest Drivier.
C'est un des rares Monuments aux morts pacifistes français.
Plusieurs bâtiments modernes sont liés à l'administration européenne. Ainsi, la ville abrite le palais de l'Europe dessiné par l'architecte Henry Bernard et inauguré en 1977. Il abrite le Conseil de l'Europe.
Le palais des Droits de l'homme dû à Richard Rogers accueille également depuis 1998 la Cour européenne des droits de l'homme. Le bâtiment épouse le cours de l'Ill, d'où sa forme en arc de cercle.
Enfin, le parlement européen que l'on doit au cabinet Architecture Studio est un autre bâtiment remarquable. Inauguré en 1999, il fait suite au sommet d'Édimbourg qui, en 1992, fixe définitivement le siège du parlement européen à Strasbourg.
Sa surface totale est de 220 000 m2 pour 60 mètres de hauteur.
L'architecture contemporaine est également marquée par des édifices à vocation culturelle comme le Musée d'Art moderne et contemporain dû à l'architecte Adrien Fainsilber.
Inauguré en 1998 il est situé à proximité du barrage Vauban.
Plus récemment, le Zénith de Strasbourg, imaginé par Massimiliano Fuksas a été achevé en 2008 après deux ans de travaux.
D'autres bâtiments culturels sont intéressant comme la Cité de la Musique et de la Danse, qui, depuis son inauguration en 2006, est occupée par le pôle des écoles de musique de Strasbourg et principalement par le Conservatoire à rayonnement régional de Strasbourg.
Enfin, la maison de la Radio-Télévision, inaugurée en 1961 et aujourd'hui siège de France 3 Alsace est un édifice qui abrite une mosaïque de 25 mètres de long imaginée par Jean Lurçat et intitulée La Création du monde.
Dans le domaine éducatif, on citera l'Escarpe, de l'université Robert-Schuman que l'on doit aux architectes Knecht et Schweitzer et surtout le Pôle européen de gestion et d'économie qui loge dans une ancienne manutention en brique rouge subtilement modernisée.
L'hôtel de région imaginé par le cabinet Chaix et Morel et construit entre 2002 et 2004 dans le quartier du Wacken est également intéressant. Plus controversée, l'immense verrière de 125 mètres de long et de 23 mètres de haut conçue par Jean-Marie Duthilleul recouvre l'ancienne gare historique depuis l'arrivé du TGV-Est.
Côté urbanisme, la Cité-jardin du Stockfeld et la cité ouvrière Ungemach ont été construites au début du XXe siècle selon un concept d'intégration d'un lotissement de logements sociaux dans des espaces verts.
La passerelle Mimram, du nom de son architecte Marc Mimram est également une œuvre importante de l'urbanisme de strasbourgeois.
Située dans le jardin des Deux Rives et exclusivement piétonne, elle relie Strasbourg à la ville allemande de Kehl. Sa fonction, essentiellement symbolique, traduit la volonté de rapprocher les deux rives du Rhin et donc les deux pays.